l'atelier papillon

Publié le par une libraire inattendue

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Titre L’atelier des papillons
Descriptif physique de l’ouvrage
Auteur BELLI Gioconda – Traduit par Bernard Friot
Illustrateur ERLBRUCH Wolf
Editeur Editions Etre
Collection
Nombre de pages 40

Forme littéraire Album
Genre littéraire
Ton poétique
Note de présentation Ministère :
Le titre, qui associe deux mots appartenant à des champs lexicaux très éloignés,
suggère le thème de cet album : de la création considérée comme un artisanat.
La première double page précise les données :
- un style poétique, assuré par un narrateur externe : “ Les papillons ne pèsent
presque rien. Ils sont aussi légers que le battement de paupières d’un soleil
ébloui, légers comme un soupir d’arc-en-ciel. ”;
- une histoire qui désacralise les textes expliquant la création du monde, en
présentant celle-ci comme un artisanat artistique, mais sans ironie ni parodie :
“ Il y a très longtemps, les papillons n’existaient pas. Comme nombre de
plantes et d’animaux, ils attendaient d’être créés. C’était là le travail des
Inventeurs de Toutes Choses. ”;
- une loi intangible régissant la création, dans cet univers fictionnel : “ Mais le
règlement de la Création était formel : ils devaient créer la végétation nouvelle
et les bêtes encore inconnues sans jamais mêler la faune et la flore. ” Ce que
souligne l’illustration : un végétal sur la page de gauche, un insecte sur celle de
droite.
Les personnages entrent alors en scène, en particulier “ le jeune Rodolfo ”, qui
veut créer quelque chose de nouveau mais se sent fort entravé par la loi : il veut
inventer un animal-fleur, mais c’est interdit. Sans aller jusqu’à la transgression
de la loi, il parvient finalement, en se situant à la frontière du règne animal et
du règne végétal, à inventer le papillon, ce qui lui vaudra les honneurs.
Cet album peut être interprété comme une métaphore de la création et offre
l’occasion de faire découvrir aux élèves certaines contraintes que se donnaient
les Surréalistes ou les Oulipiens pour créer différemment.
Une réflexion collective sur l’ambivalence du mot “ créer ”, qui suggère aussi
bien le fait d’inventer quelque chose de nouveau, que celui de donner la vie, et
renvoie également à la Création, au sens sacré du terme, sera la bienvenue. Et
l’on pourra faire découvrir l’album d’Anthony Browne : Tout change
(Kaléidoscope), qui joue implicitement sur les trois sens du mot “ créer ”.
Par référence à la Genèse, l’artisanat artistique de L’atelier des papillons
pourra être mis en évidence, notamment en le rapprochant d’un autre album,
parodique celui-là : Ré-création, de Charlotte Légault (Éditions du Rouergue).
Groupe littérature « Vaucluse »
« Il est précisé dans la note de présentation, l’importance du titre pour la
compréhension de l’album ; le choix d’un dispositif pédagogique ne s’appuyant
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pas sur ce titre dès le départ (cf « dispositifs pédagogiques) permettra
justement de revenir sur l’idée que la mise en mot d’un titre peut se faire aussi
a posteriori, une fois que l’histoire a été construite et créée. On insistera sur le
fait que le travail pour donner un titre pour un écrivain n’est pas dénué de
sens, il s’agit là d’une réflexion, d’une révélation d’indices etc. On pourra
alors rechercher d’autres ouvrages dont les titres jouent sur cet aspect de la
création littéraire.
Axes de travail possibles
En lecture * En écriture * A l’oral *
Dispositifs pédagogiques possibles
Un seul ouvrage sera nécessaire si l’on souhaite travailler prioritairement sur le texte. Par
contre un travail plus précis sur l’illustration nécessitera plusieurs albums.
Le dispositif pédagogique proposé s’appuie sur un dévoilement progressif du texte avec des
lectures incomplètes ou non chronologiques de certains extraits, des pauses pour laisser la
place à l’imaginaire.
Le titre sera caché.
1ère séance :
- Lecture de la quatrième de couverture
- La découverte de la page 3 se fera ultérieurement. Il faut laisser le lecteur se mettre à la
place du créateur et ne pas dévoiler tout de suite que la nouvelle créature sera un papillon.
- Lire à haute voix la page 4 et le début de la page 5. « … Un oiseau qui pondrait des
pommes… ». Faire ici une pause pour établir une liste imaginaire des merveilles que l’on
pourrait créer en mélangeant la faune et la flore (un arbre à plumes d’oiseaux ; un cheval avec
une crinière de fleurs…)
- Reprendre la lecture de la page 5 à 7 et suivantes en ménageant des pauses de
compréhension sur le lien entre image et réalité pour chaque proposition faite par les
inventeurs dans l’atelier des insectes. « un insecte qui brille comme une étoile et l’appeler
…. » ; « qui chante plus fort qu’un oiseau et l’appeler … » ; « qui saute dans l’herbe comme
un kangourou… » ; « un qui serait protégé par une carapace…. »…
- Lecture à haute voix des pages 9 à 11 avec mêmes pauses pour décrire la fourmi (page 9),
l’abeille et la chauve-souris (page 10)
- Les lectures à haute voix des pages suivantes permettront de discuter des questionnements
liés à la difficulté des créateurs « sur le chemin de la beauté, on trébuche facilement ». Lire
les pages 12 à 14 pour débattre sur le rêve, le désir, l’ambition, la satisfaction de ce que l’on a
….. Puis reprendre la lecture pour les pages 16 à 21 avec débat sur la beauté, la vulnérabilité.
A l’issue de cette première séance, en activité décrochée, on pourra proposer de prendre
certains animaux, insectes ou autres et de créer, en s’appuyant sur l’observation, une
description « poétique ». On lira pour exemples certaines descriptions écrites par Jules Renard
dans « Histoires naturelles » que l’on peut retrouver dans un autre ouvrage de la liste dans les
recueils poétiques : « Le sourire de Jules » (Par exemple, « la chenille » page 21, « les
grenouilles » page 24-25, « la demoiselle » page 30, « la sauterelle », page 32-33)
2ème séance :
- Reprise à l’oral des éléments déjà découverts. Où en est-on ? Quelle décision peut avoir
prise Rodolfo ? Qu’est ce qui va pouvoir l’aider à réaliser ce qu’il souhaite ? On pourra avoir
pris soin auparavant d’afficher dans la classe des photos de colibris et de laisser découvrir aux
enfants ce type d’oiseau s’ils ne le connaissent pas déjà. Cette seconde séance pourra faire
suite à une recherche documentaire en BCD qui aura permis de relever dans le monde animal,
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la beauté, la vulnérabilité, de certains plumages, pelages….
- Lecture à haute voix des pages 22 jusqu’au milieu de la page 31.
3ème séance : « Le défilé des Maîtres Inventeurs »
Toujours en s’appuyant sur les recherches précédentes en BCD et pour affiner le sens de
l’observation et de l’imaginaire à la fois, on proposera un travail oral puis écrit ou plastique
sur les caractéristiques des Inventeurs de toutes choses.
- Donner la liste des Inventeurs* que l’on retrouve dans l’album, en inventer d’autres aussi et
proposer aux enfants par deux de dresser le portrait de ces personnages : taille, forme,
particularité physique, costumes, traits de caractère, illustration (avec papiers découpés ou
autres techniques plastiques). Pour les aider, on s’appuiera sur les exemples de la page 31 que
l’on pourra également compléter, ainsi que sur l’illustration double page des pages 32-33
* Les Inventeurs de grands animaux, de félins, de chiens, de la faune marine, des arbres, des
buissons ; les créatrices de fleurs, les inventeurs des oiseaux, des reptiles, des métaux, des
constellations…
- Lire et présenter les productions
- Terminer la lecture à haute voix des pages 31 à 40.
- En fin de séance, on reviendra sur le titre ce qui permettra d’engager la discussion sur
l’aspect artisanal de la création, mais aussi sur l’aspect des contraintes et des règles à
respecter pour créer.
- On terminera la séance par la lecture de l’incipit de la page 3.
Activités décrochées :
La théorie de l’évolution, les travaux de Darwin, de Buffon.
L’entomologie avec les travaux de Jean Henri Fabre.
Ateliers d’écriture :
Comme il est précisé dans la notice, on pourra se référer à tous les jeux de création littéraire
proposés par l’Oulipo (Lire par exemple « Jeux pour Ecrire » de Michel Martin – Hachette et
« Grammaire de l’Imagination » de Gianni Rodari – Editions Rue du Monde).
On proposera d’inventer d’autres choses qui mêleront deux mondes… (Un papillon qui aurait
des plumes, pourrait vivre dans l’eau…, une fleur qui volerait pour se poser sur les arbres, un
arbre qui pourrait se déplacer pour boire )


Mise en réseaux possibles Avec d’autres ouvrages de la liste
Nature Anacoluptères, James Sacré, Pierre Yves Gervais, Editions Tarabuste
Le sourire de Jules, Jules Renard, Editions Alternatives, coll. Pollen
L’homme qui plantait des arbres – J. Giono - Gallimard
Création Ré-création, Charlotte Légaut, Editions du Rouergue (épuisé non réédité ;note de la librairie)
Avec d’autres ouvrages hors liste
Nature « Histoires comme ça », Rudyard Kipling – pour les contes étiologiques
(explication des origines)
Pourquoi les libellules ont le corps si long : d'après un conte zaïrois,
Stéphane Sénégas, Kaléidoscope
Du même
illustrateur
- Remue Ménage chez Madame K - Milan
- De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête – Milan
- Moi, Papa ours - Milan
- Un paradis pour Petit Ours - Milan
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- L’Ogresse en pleurs – Milan
- La grande question – éditions Etre
Pourquoi la girafe a un si long cou ?, Kenza Guennoun,Petit à petit (Jeune
pousse).
Pourquoi le perroquet parle-t-il ?, Bernard Jagodzinski, Petit à petit
Une Puce dans la savane, Didier Mounié, ill. Christophe Merlin, Milan
Aux origines du monde : contes, Benoît Reiss, ill. Alexios Tjoyas, Albin
Michel
Comment les couleurs vinrent aux oiseaux : conte de Guyane, Joanna
Troughton, Gründ (Un Pays, un conte).
On pourra parler ici des travaux de chercheurs, d’inventeurs et de scientifiques
qui créent grâce à l’observation attentive des éléments et des phénomènes de la
nature. Pour exemple, les créations de Léonard de Vinci (observation du vol
des oiseaux pour élaborer des machines volantes…)
Mots clés Création - Imaginaire
Boîte à outils complémentaires pour l’enseignant
Sur l’auteur Gioconda Belli, nicaraguayenne, a été longtemps membre du FSLN (Front
Sandiniste de Libération du Nicaragua). Elle est surtout connue pour ses
poèmes.
Sur
l’illustrateur
Wolf Erlbruch est né en Allemagne. Depuis 1974, il travaille comme
illustrateur pour des maisons d'édition et des agences de publicité. En 1990, il
est nommé professeur titulaire de la chaire d'illustration de la Berhischen
Universität Gesamthochscule de Wuppertal. Il est actuellement professeur
d'arts graphiques, de musique et de musicologie.
Wolf Erlbruch est édité en France depuis 1993. Traduit dans plus de vingt
langues, il est considéré aujourd'hui comme l'un des grands illustrateurs de
notre époque. Il a reçu en 2003, le prix Gutenberg.
Biographie et bibliographie sur http://www.ricochet-jeunes.org
Site bilingue : http://www.ldj.tm.fr/erlbruch/
Liens avec
des sites
parus
Intervention de Christian Bruel qui prépare un ouvrage sur Wolf Erlbruch, sur
le site : http://www.crdp.ac-creteil.fr/telemaque/?document/erlbruch.htm
Rédacteur de cette fiche
Groupe départemental « littérature jeunesse » Vaucluse

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